Netvibes en 2026 : histoire, retrait du portail et nouvelle plateforme

Temps de lecture : 17 min

Points clés à retenir

  • Deux entités, un seul nom : Netvibes désigne à la fois le portail Web 2.0 lancé le 15 septembre 2005 et la plateforme NETVIBES de Dassault Systèmes, toujours active en 2026.
  • Le service autonome a été retiré : netvibes.com n’est plus un portail grand public, mais la marque NETVIBES continue d’exister au sein du groupe industriel français.
  • Un outil devenu industriel : intelligence de données, jumeau virtuel, catalogues de plus de 1 700 fournisseurs et analytique prédictive forment le nouveau socle de la marque.
  • Des alternatives existent : pour la veille et les flux RSS, la migration passe par un export au format OPML vers un agrégateur moderne.

Sommaire

Le 15 septembre 2005, un portail français permettait pour la première fois d’assembler sa propre page de veille en quelques clics, sans écrire une ligne de code. Vingt ans plus tard, presque jour pour jour, ce service autonome disparaît — sans que la marque, elle, ne s’éteigne. Voilà résumée toute l’ambiguïté de Netvibes.

Car le mot recouvre aujourd’hui deux réalités que plus rien ne relie, sinon un logo et une histoire commune. D’un côté, l’agrégateur de flux RSS qui a fait rêver une génération d’internautes, de blogueurs et de documentalistes. De l’autre, une plateforme d’intelligence de données industrielle, propriété de Dassault Systèmes, qui n’a plus grand-chose à voir avec la lecture de billets au petit matin.

Un internaute qui tape « netvibes » dans un moteur de recherche ne sait donc pas ce qu’il cherche : un outil de veille disparu, un service encore actif, ou une brique logicielle vendue à des industriels ? La confusion est totale, et c’est précisément ce que cet article se propose de lever. Je vais vous dérouler l’histoire, le statut réel en septembre 2026, les usages actuels et les solutions de remplacement — sans détour et sans hype.

Qu’est-ce que Netvibes ? Deux visages pour un même nom

Netvibes désigne deux réalités distinctes. Lancé le 15 septembre 2005 par Tariq Krim, c’était d’abord un portail Web personnalisable et un agrégateur de flux RSS emblématique du Web 2.0. Depuis son rachat par Dassault Systèmes en 2012, NETVIBES est une plateforme d’intelligence de données, tandis que le service autonome a été retiré.

Netvibes : deux entités, un seul nom

Netvibes (2005-2025) : portail Web personnalisable et agrégateur de flux RSS grand public, gratuit.
NETVIBES (2026) : plateforme d’intelligence de données de Dassault Systèmes, adossée à 3DEXPERIENCE, destinée aux entreprises industrielles.

Poser les deux définitions côte à côte n’est pas un exercice de style. C’est la seule manière de répondre correctement à la question « c’est quoi Netvibes ? », parce que celui qui la pose aujourd’hui en 2026 est rarement celui qui la posait en 2008.

L’ancien portail Web personnalisable (2005-2025)

À l’origine, Netvibes était un portail personnalisable : une page vide que l’internaute remplissait de modules déplaçables. Météo, courriel, recherche d’images, signets, et surtout des blocs de flux RSS et Atom issus de ses sites préférés.

Dans les faits, l’outil a incarné une promesse très simple : reprendre la main sur son environnement informationnel. Pas d’algorithme, pas de fil recommandé, pas de publicité intrusive entre deux contenus. L’utilisateur décidait des sources, de leur ordre et de leur fréquence d’affichage. Cette philosophie a fait de Netvibes l’un des symboles du Web 2.0 français, aux côtés des blogs, des wikis et des premiers réseaux sociaux.

Concrètement, l’outil servait aussi bien au particulier qui suivait quinze blogs qu’au professionnel de la documentation qui pilotait une veille informationnelle sectorielle. Ce double usage — loisir et travail — explique en partie sa longévité, mais aussi la difficulté à le monétiser.

La plateforme NETVIBES de Dassault Systèmes (2026)

Le second visage n’a plus rien de grand public. NETVIBES est aujourd’hui présentée comme une plateforme d’intelligence de données : elle transforme des jeux de données volumineux et hétérogènes en informations structurées, exploitables en temps réel par des équipes industrielles. On est à mille lieues du bloc météo.

Ce qui change vraiment la donne, c’est le rattachement à la plateforme 3DEXPERIENCE. Les données remontées par la plateforme viennent enrichir le jumeau virtuel d’un produit, d’une usine ou d’une chaîne logistique. Le portail personnel est devenu un capteur d’entreprise.

CritèreAncien Netvibes (portail)NETVIBES 2026 (Dassault Systèmes)
Année de référence2005 à 20252026
Public cibleInternautes, blogueurs, documentalistesIndustriels, acheteurs, ingénieurs, équipes maintenance
Fonction principaleAgrégation de flux RSS et Atom, tableau de bord personnelIntelligence de données, analytique et aide à la décision
Modèle économiqueGratuit, avec offres payantes pour les marquesModèle d’entreprise, devis via partenaires
StatutService autonome retiréMarque active dans l’écosystème 3DEXPERIENCE

Cette dualité posée, encore faut-il comprendre comment on est passé d’un bloc RSS à un moteur analytique. C’est tout l’objet de la chronologie qui suit.

Analyste consultant un tableau de bord Netvibes en temps réel

De Tariq Krim à Dassault Systèmes : la chronologie complète (2005-2026)

Retracer vingt ans d’histoire permet de répondre à une question simple : qui a créé Netvibes, et pourquoi l’outil a-t-il changé de nature ? La réponse tient en quelques dates précises, que peu de sources prennent la peine d’organiser.

2005-2012 : l’ascension d’une startup parisienne

Selon Wikipédia dans sa version française et le média Next.ink, Netvibes a été lancé le 15 septembre 2005 par Tariq Krim, au sein d’une startup basée à Paris et à Londres. Florent Frémont figure parmi les cofondateurs. Le produit trouve rapidement son public : il suffit de quelques minutes pour se construire une page d’accueil sur mesure.

En 2007, Deutsche Welle annonce son partenariat avec Netvibes, d’après Wikipédia dans sa version anglaise. Le portail devient un canal de distribution de contenus médias. Les marques s’y intéressent : l’idée d’un espace personnel devenu point d’entrée vers l’information séduit.

Puis vient le tournant. Selon Next.ink, Tariq Krim quitte l’entreprise en 2008 et Freddy Mini prend le poste de directeur général (2008). Le fondateur part, la structure reste. C’est un schéma classique dans le logiciel : le produit survit rarement à l’enthousiasme de ses débuts sans une trajectoire économique claire.

2012-2024 : le virage industriel sous pavillon Dassault Systèmes

Le 9 février 2012, Dassault Systèmes annonce l’acquisition de Netvibes, comme le rapporte Wikipédia dans sa version anglaise. L’opération marque le basculement définitif : la technologie de portail personnalisable devient une brique d’analyse au service de l’industrie et de la gestion du cycle de vie produit (PLM).

En 2015, Morgan Zimmermann prend la direction générale de Netvibes, toujours selon Wikipédia dans sa version anglaise. La décennie qui suit est celle de la construction : intégration progressive dans 3DEXPERIENCE, ajout de connecteurs de données, montée en puissance de l’analytique.

Depuis 2024, Netvibes intègre également les activités de deux autres éditeurs logiciels rachetés par Dassault Systèmes, d’après la même source. Le périmètre s’élargit : la marque ne désigne plus un produit unique, mais un ensemble de capacités.

2025-2026 : la fin du service autonome

Le site officiel indique que netvibes.com a été retiré en tant que service autonome, la marque NETVIBES poursuivant son existence au sein de Dassault Systèmes. Pour les anciens utilisateurs, la conséquence est immédiate : plus de tableau de bord personnel accessible, plus de flux configurés à retrouver en ligne.

AnnéeÉvénementActeur concernéImpact pour les utilisateurs
2005Lancement du portail le 15 septembreTariq Krim, Florent FrémontUn portail personnel gratuit et modulaire
2007Partenariat annoncé avec Deutsche WelleNetvibes, Deutsche WelleContenus médias intégrés directement au portail
2008Départ du fondateur, arrivée de Freddy Mini à la direction généraleDirectionContinuité du service, cap commercial assumé
2012Annonce du rachat le 9 févrierDassault SystèmesPassage d’un outil grand public à une brique industrielle
2015Morgan Zimmermann prend la direction généraleNetvibesRenforcement de l’ancrage dans 3DEXPERIENCE
2024Intégration des activités de deux éditeurs logiciels rachetés par le groupeDassault SystèmesÉlargissement du périmètre fonctionnel
2025-2026Retrait du service autonome constatéDassault SystèmesFin du portail personnel, maintien de la marque

L’histoire avait pourtant bien commencé. Un outil né en 2005, qui a failli fêter ses vingt ans, portait une promesse forte : celle d’un Web personnel, modulaire, où chacun composait sa propre page sans intermédiaire. Cette promesse n’a pas survécu à la décennie suivante. Non par échec technique, mais parce que la valeur s’est déplacée ailleurs — vers les données d’entreprise et leur exploitation analytique.

Reste la question que tout le monde se pose aujourd’hui : Netvibes est-il mort pour autant ? La réponse mérite mieux qu’un simple oui ou non.

Ordinateur portable des débuts de Netvibes, agrégateur RSS en 2005

Netvibes est-il vraiment fini ? Ce qui a changé en 2026

Soyons réalistes : la formule « netvibes c’est fini » circule beaucoup, et elle est à moitié vraie. Le site officiel indique que Netvibes.com a été retiré en tant que service autonome. Cela signifie que le portail grand public, tel qu’il existait depuis 2005, n’est plus proposé comme produit indépendant.

À ne pas confondre

La fin du portail grand public n’équivaut pas à la disparition de la marque. NETVIBES reste une marque active de Dassault Systèmes, positionnée sur l’intelligence de données. Deux entités, deux destins.

Ce qui a été retiré exactement

Le retrait porte sur le service autonome accessible sur netvibes.com. Concrètement, cela concerne :

  • la création et la gestion d’un compte utilisateur grand public ;
  • les tableaux de bord personnalisés composés de modules déplaçables ;
  • l’agrégation de flux RSS et Atom dans une interface unique ;
  • les modules annexes de type météo, courriel ou recherche d’images.

Si vous cherchez à vous connecter à votre ancien portail, vous ne trouverez donc plus l’interface familière. Et c’est là que beaucoup d’utilisateurs découvrent, un peu tard, qu’ils n’ont jamais exporté leurs abonnements.

Ce qui continue sous la marque NETVIBES

Dans les faits, la marque NETVIBES continue d’exister au sein de Dassault Systèmes, adossée à la plateforme 3DEXPERIENCE. Elle ne s’adresse plus aux particuliers, mais aux organisations qui doivent exploiter des volumes de données considérables : nomenclatures, catalogues fournisseurs, données d’exploitation, signaux de marché.

Autrement dit, le nom n’a pas disparu, il a changé de clientèle. Un particulier ne peut plus ouvrir un compte Netvibes comme en 2010. Une entreprise, en revanche, peut toujours accéder à la plateforme via les canaux commerciaux de l’éditeur et de ses partenaires.

Que faire de ses flux et de ses données

Pour les anciens utilisateurs, la priorité est simple : reconstituer sa liste de sources ailleurs. Le format OPML (Outline Processor Markup Language) reste le standard d’échange entre agrégateurs. Si vous avez conservé un export, tant mieux. Sinon, il faut reconstruire à la main, ce qui prend une à deux heures pour un portail dense.

  • Rassemblez vos anciens exports OPML, sauvegardes de signets et notes de veille.
  • Listez de mémoire les sources critiques : presse spécialisée, blogs, flux institutionnels.
  • Vérifiez que chaque flux répond encore, beaucoup de sites ont migré leur format en vingt ans.
  • Choisissez un outil cible et importez le fichier OPML reconstitué.

Ce point de bascule — la disparition d’un service personnel — ouvre logiquement sur une question plus large : que fait réellement la plateforme NETVIBES aujourd’hui, et à qui s’adresse-t-elle ?

Que fait NETVIBES aujourd’hui ? La plateforme d’intelligence de données

La plateforme NETVIBES transforme des jeux de données volumineux et hétérogènes en informations structurées et exploitables en temps réel. Elle combine science des données, simulation et aide collaborative à la décision, et enrichit le jumeau virtuel avec des données réelles d’usage, de marché, de chaîne d’approvisionnement et d’exploitation.

Gestion des données produits et PLM

Le premier terrain d’application, c’est la gestion du cycle de vie produit. Un industriel manipule des dizaines de milliers de références : pièces, composants, matériaux, versions de modèles CAO. Ces données vivent dans des systèmes séparés, souvent avec des conventions de nommage différentes d’un service à l’autre.

NETVIBES intervient ici comme couche de lecture unifiée. Elle agrège, normalise et présente les données dans des tableaux de bord métier. L’ingénieur ne change plus d’outil pour croiser une nomenclature et un historique de maintenance.

Sourcing, normalisation des composants et intelligence fournisseurs

Selon CENIT AG, la plateforme donne accès aux catalogues de plus de 1 700 fournisseurs pour le sourcing et la standardisation des composants. Le chiffre est significatif : il ne s’agit plus de chercher un fournisseur en ligne, mais de croiser automatiquement des catalogues techniques pour identifier des équivalences fonctionnelles.

Ce qui change vraiment la donne, c’est l’automatisation. Le traitement automatique du langage naturel et l’apprentissage automatique permettent de rapprocher des désignations écrites différemment, de détecter des doublons de référence et de signaler des obsolescences. Une tâche qui mobilisait des semaines d’ingénierie documentaire.

Analytique prédictive et performance des actifs

Troisième terrain : la performance des équipements. En croisant les données d’exploitation avec les données de conception, NETVIBES cherche à anticiper les défaillances plutôt qu’à les constater. C’est le principe de l’analytique prédictive appliquée aux actifs industriels.

Dans les faits, l’apport se mesure en heures d’arrêt évitées et en coûts de maintenance évités. Pas en fonctionnalités cochées sur une liste.

CapacitéDescriptionBénéfice métier annoncéService concerné
Analyse en temps réelTraitement continu de flux de données hétérogènesDétection rapide des écarts et des signaux faiblesExploitation, qualité, logistique
Analytique prédictiveModèles statistiques appliqués à l’historique d’exploitationAnticipation des défaillances d’actifsMaintenance, production
Aide à la décision assistée par IASynthèse automatique et recommandations contextuellesDécisions plus rapides et mieux documentéesDirection industrielle, achats
Transparence sur les programmes et produitsVue unifiée des nomenclatures et des versionsRéduction des erreurs de configurationIngénierie, PLM
Réduction des coûts et des arrêtsCorrélation coûts, usage et incidentsOptimisation du budget de maintenanceFinance, exploitation
Résilience de la chaîne d’approvisionnementSuivi des fournisseurs et des risques d’approvisionnementContinuité d’activité en cas de ruptureAchats, supply chain

Deux notions à vulgariser

Intelligence de données : capacité à transformer des données brutes et dispersées en informations compréhensibles et actionnables pour un décideur, sans qu’il ait à maîtriser les outils techniques sous-jacents.

Jumeau virtuel : réplique numérique d’un produit, d’une ligne de production ou d’une usine, mise à jour par des données réelles, qui permet de simuler des scénarios avant de les appliquer dans le monde physique.

Reste que tout le monde n’a pas besoin de ce niveau de sophistication. Beaucoup d’anciens utilisateurs cherchent d’abord un simple remplaçant à leur page d’accueil. C’est l’objet de la section suivante.

Alternatives à Netvibes pour la veille et les flux RSS en 2026

Trouver une alternative à Netvibes suppose d’abord de définir ce qu’on attendait de l’outil. Un lecteur de flux, un tableau de bord modulaire et une plateforme de veille collaborative ne répondent pas aux mêmes besoins. Soyons réalistes : la plupart des déceptions viennent d’un mauvais appariement entre l’outil et l’usage réel.

Les critères de choix d’un outil de veille en 2026

  • Lecture des flux : prise en charge native des formats RSS et Atom, sans dépendance à une passerelle tierce.
  • Tableau de bord modulaire : possibilité d’organiser les sources en colonnes, dossiers ou vues thématiques.
  • Recherche et filtrage : moteur de recherche interne, règles de tri, mots-clés suivis.
  • Veille collaborative : partage de dossiers, annotations, export vers une base de connaissances.
  • Version gratuite ou payante : un palier gratuit utilisable seul, des offres payantes pour les équipes.
  • Export des données : sortie au format OPML et réversibilité, condition non négociable.

Comparatif des alternatives d’agrégation de flux

Plutôt qu’un classement arbitraire, voici une grille de lecture fondée sur des caractéristiques vérifiables. Aucun tarif n’est indiqué ici : les politiques commerciales évoluent trop vite pour être fiables dans un article de fond.

OutilTypeFlux RSS / AtomVersion gratuiteIdéal pour
FeedlyAgrégateur et plateforme de veilleOui, natifOui, avec limitesVeille individuelle et collaborative
InoreaderAgrégateur et moteur de veilleOui, natifOui, avec limitesVeille avancée avec règles de filtrage
FreshRSSAgrégateur auto-hébergéOui, natifOui, logiciel libreContrôle total des données
NetNewsWireLecteur de flux localOui, natifOui, logiciel libreLecture hors ligne sur poste de travail
Outils de veille média en lignePlateforme de veille professionnelleVariable selon l’éditeurRarementVeille sectorielle outillée et analysée

Migrer ses flux en cinq étapes

  • Étape 1 — Exporter votre fichier OPML depuis Netvibes si vous l’avez conservé, ou le reconstituer depuis vos sauvegardes.
  • Étape 2 — Sauvegarder vos signets de navigateur, ils contiennent souvent des sources complémentaires.
  • Étape 3 — Choisir un outil cible en fonction des critères ci-dessus, pas en fonction de sa popularité.
  • Étape 4 — Réimporter le fichier OPML et organiser les sources par dossiers thématiques.
  • Étape 5 — Vérifier la fraîcheur des flux : un article vieux de six mois signale souvent une adresse morte.

Cette migration réglée, il reste à comprendre pourquoi des industriels paient aujourd’hui pour une marque autrefois gratuite. Les cas d’usage parlent mieux que les plaquettes.

Cas d’usage concrets : ce que Netvibes change en entreprise

J’ai passé plusieurs années à observer des déploiements logiciels dans des environnements industriels. Ce qui distingue un projet réussi d’un projet abandonné tient rarement à la puissance de la plateforme. Cela tient à la clarté du problème à résoudre. Voici quatre situations typiques, structurées selon la même logique : problème, données mobilisées, apport, indicateur de suivi.

Réduire la complexité des pièces et des composants

Problème : un constructeur constate une inflation du nombre de références actives, avec des dizaines de variantes quasi identiques. Chaque surplus de référence génère du stock, de la documentation et des coûts de gestion.

Données mobilisées : nomenclatures, modèles CAO, historiques d’achat, catalogues fournisseurs. Apport : rapprochement automatique des références équivalentes et détection des quasi-doublons. Indicateur : nombre de références actives après rationalisation, et coût de possession du catalogue.

Sécuriser le sourcing et les fournisseurs

Problème : une rupture d’approvisionnement sur un composant critique bloque une ligne entière. Le responsable achats découvre trop tard qu’une alternative technique existait chez un autre fournisseur.

Données mobilisées : catalogues fournisseurs, spécifications techniques, historiques de livraison. Apport : identification d’alternatives viables et cartographie des dépendances. Indicateur : délai moyen de requalification d’un fournisseur de secours.

Anticiper les défaillances d’actifs

Problème : la maintenance d’une ligne de production se fait encore en mode réactif, avec des arrêts subis et coûteux. Données mobilisées : capteurs, historiques d’incidents, données de conception. Apport : modèles prédictifs signalant les dérives avant la panne. Indicateur : heures d’arrêt non planifié par trimestre.

Prenons le cas d’une responsable achats industriels que j’ai suivie sur un projet comparable. Elle partait d’un catalogue fournisseurs pléthorique, avec plus de trois cents références pour une même famille de fixations. Après six mois de travail — dont deux perdus à harmoniser les désignations entre services — l’équipe est descendue à quarante-deux références standardisées. Le gain n’est pas venu de l’algorithme seul, mais de la décision humaine rendue possible par la donnée consolidée. Les frictions réelles étaient organisationnelles, pas techniques.

Ces cas montrent une chose : la valeur de NETVIBES aujourd’hui ne réside pas dans l’affichage, mais dans la consolidation préalable. Ce constat nous amène naturellement aux questions que se posent encore les utilisateurs.

Questions fréquentes sur Netvibes

Certaines interrogations reviennent systématiquement, souvent formulées en quelques mots. Voici les réponses factuelles, sans détour.

Netvibes appartient-il toujours à Dassault Systèmes ?

Oui. Le rachat a été annoncé le 9 février 2012 et la marque NETVIBES reste rattachée au groupe, au sein de l’écosystème 3DEXPERIENCE. Depuis 2024, elle intègre également les activités de deux autres éditeurs logiciels rachetés par Dassault Systèmes.

Peut-on encore créer un compte Netvibes ?

Non, pas au sens du portail grand public. Le site officiel indique que Netvibes.com a été retiré en tant que service autonome. L’accès à la plateforme actuelle passe par les canaux professionnels de l’éditeur et de ses partenaires intégrateurs.

L’essentiel en trois lignes

En septembre 2026, le portail Netvibes n’existe plus en tant que service autonome. La marque NETVIBES, elle, reste active chez Dassault Systèmes sur le terrain de l’intelligence de données industrielle. Deux entités, deux publics, aucun retour en arrière possible.

Ces réponses courtes méritent d’être complétées par une lecture plus large, celle de l’héritage laissé par l’outil.

Questions fréquentes

Netvibes existe-t-il encore en 2026 ?

Oui et non. La marque NETVIBES perdure au sein de Dassault Systèmes comme plateforme d’intelligence de données, tandis que le service autonome grand public accessible sur netvibes.com a été retiré. Il faut distinguer clairement les deux entités pour éviter toute confusion.

Qui a créé Netvibes et quand ?

L’outil a été lancé le 15 septembre 2005 par Tariq Krim, avec Florent Frémont, au sein d’une startup franco-britannique basée à Paris et à Londres. Le portail est devenu l’un des symboles du Web 2.0.

Pourquoi Netvibes a-t-il été racheté par Dassault Systèmes ?

L’acquisition a été annoncée le 9 février 2012. Elle marque le basculement d’un outil grand public de lecture de flux vers une brique d’intelligence de données au service de l’industrie et de la gestion du cycle de vie produit.

Par quoi remplacer Netvibes pour la veille ?

Définissez d’abord vos besoins : lecture de flux RSS et Atom, tableau de bord modulaire, veille partagée en équipe, budget. Comparez ensuite les agrégateurs du marché sur ces critères et migrez vos flux via un export au format OPML.

Netvibes était-il gratuit ?

Le portail grand public était accessible gratuitement et permettait de créer un portail personnalisé avec courriels, météo, recherche d’images et suivi de flux. La plateforme professionnelle actuelle relève d’un modèle d’entreprise, avec devis sur demande auprès des partenaires.

Quelles données peut-on analyser avec NETVIBES aujourd’hui ?

Données produits et modèles CAO, nomenclatures, catalogues fournisseurs, données d’usage, de marché, de chaîne d’approvisionnement et d’exploitation, corrélées au jumeau virtuel pour éclairer la décision.

Que devient la marque Netvibes à l’avenir ?

La marque reste positionnée sur l’intelligence de données et la décision industrielle, intégrée à l’écosystème 3DEXPERIENCE et aux activités d’éditeurs logiciels rachetés par Dassault Systèmes depuis 2024.

L’héritage Netvibes : ce que vingt ans de veille nous apprennent

Netvibes recouvre donc deux entités distinctes : un portail Web 2.0 lancé en 2005 et une plateforme d’intelligence de données toujours active sous Dassault Systèmes. Le service autonome grand public a été retiré, ce qui rend la migration des flux et la recherche d’alternatives prioritaires pour les anciens utilisateurs. La plateforme actuelle s’appuie sur 3DEXPERIENCE, le traitement automatique du langage naturel et le jumeau virtuel pour éclairer les décisions industrielles. Et la chronologie 2005-2026 explique pourquoi un outil gratuit et ouvert a fini par devenir un logiciel d’entreprise.

Ce basculement n’est pas anecdotique. Il raconte une décennie de déplacement de la valeur : du confort de lecture vers l’exploitation de la donnée, de l’utilisateur individuel vers l’organisation, du gratuit subventionné vers le contrat d’entreprise. Le Web 2.0 promettait des outils personnels et durables. Le marché a répondu par des plateformes industrielles et rentables.

Faut-il y voir un échec ? Je ne crois pas. Netvibes a tenu vingt ans, ce qui est déjà remarquable dans un secteur où beaucoup de services disparaissent en trois. Mais l’épisode laisse une question ouverte, qui concerne tous ceux qui construisent aujourd’hui leur pile d’outils numériques : si un portail né en 2005, soutenu par des millions d’utilisateurs, n’a pas survécu vingt ans sous sa forme d’origine, qu’est-ce que cela dit de la longévité réelle des services que nous adoptons aujourd’hui ?